Monday, June 13, 2005

Bons et mauvais points des Ecrans noirs

Cameroon Tribune (Yaoundé)

ÉDITORIAL
13 Juin 2005
Publié sur le web le 13 Juin 2005

Alliance NYOBIA

Le festival a clôturé ce week-end sa 9e édition, après une dizaine de jours de manifestations.

Tout n'a pas été rose pendant les Ecrans noirs. Difficile, quand il faut organiser une manifestation de cette ampleur, d'éviter quelques couacs ou loupés, malgré l'expérience que peut conférer une longue pratique - c'était la neuvième édition. Du côté des promoteurs, on a ressorti la formule indémodable pour expliquer quelques manquements observés. C'est donc " pour des raisons indépendantes de [leur] volonté " que des projections annoncées tel jour étaient plutôt diffusées plus tard, que des cinéphiles en salle ont vu débuter un film alors qu'ils en attendaient un autre, ou que des pellicules très attendues vont l'être encore quelque temps par le public camerounais. C'est le cas par exemple du film " Les saignantes " de Jean-Pierre Bekolo, autour duquel Bassek ba Kobhio reconnaît d'ailleurs qu'il y a eu une communication particulière.

C'est sans doute pour les mêmes " raisons indépendantes " que des spécificités annoncées, comme les soirées ouest-africaines, n'ont finalement pas figuré au programme. Même chose pour les concerts et spectacles de la dimension de ceux qui furent servis au public l'année dernière. L'organisation elle-même ne sera pas allée sans heurts. Un cinéaste local, qui suit l'événement depuis plusieurs années, fait un constat : " Neuf ans après, la décentralisation n'est pas encore effective ( ) en dehors du président et de la directrice, très peu de gens pouvaient vous informer ". On aura également noté que de simples questions d'ordre pratique, les badges par exemple, ont suscité des froncements de sourcils. Pression ou impréparation?

Quelques-uns qui se sont bien préparés en tout cas, ce sont les annonceurs. Omniprésents sur les lieux des festivités, où leurs banderoles et autres supports étaient plus visibles que celles de l'événement lui-même. Au cours du festival, beaucoup de bières auront été bues - la végétation voisine du chapiteau dressé derrière le Ccf en gardera un souvenir malodorant. Ça fait plus aimer le cinéma ? Pas sûr.


Heureusement, le festival Ecrans noirs a préservé l'essentiel, en restant ce moment spécial d'échange et de partage autour du 7e art. L'extension du festival à plusieurs autres sites (universités de Yaoundé I et II, par exemple) a contribué à renforcer cette communion de cinéphiles. Le show a continué et il s'en est trouvé, dans le public, pour se féliciter de la variété des invités de cette année - venus pour certains de la lointaine Amérique du Sud - et de la diversité des genres proposés (allant des oeuvres de fiction aux documentaires, en passant par les courts métrages, etc.). L'hommage à Gaston Kaboré, Ecran d'honneur du festival, aura apporté son supplément charge émotionnelle à la manifestation.

L'événement aura été également l'occasion d'ateliers fructueux - il n'était donc pas seulement question de simplement se divertir. Un des participants à l'atelier de critique cinématographique estime ainsi en avoir tiré un profit certain : " On a beaucoup pratiqué ". Sans oublier que quelques cinéastes locaux, jeunes surtout, ont pu saisir l'opportunité des Ecrans noirs pour présenter leur savoir-faire à tous. Notamment aux décideurs ou financiers du cinéma qui étaient de la partie.

0 Comments:

Post a Comment

<< Home