Tuesday, January 17, 2006

DEBAT CENSURE

Bonjour JP,
comment vas-tu ? Bien, j'espère. Malgré la censure. Un
ami de la CRTV m'a dit ce matin que la séance
Avant-première d'hier a finalement été annulée.

Tu te souviens, je 'ai dit hier que j'avais fait
circuler, sur le reseau Africiné, l'info à propos de
cette censure.
Je te communique ci-dessous les réactions de Baba Diop
(Sénégal) et Jean-Marie Olinga (Cameroun), je te
communiquerai plus tard celle de Thierno et des autres
::

A Tous les amis

je pense sincérement qu'il est temps de cesser de nous
indigner en circuit fermé à propos de la censure qui
menace le film de Bekolo. Il faut se convaincre que
nous sommes un lobby parce que journalistes et
spécialisés dans le 7 ième art et l'audiovisuelle
Servons nous de cette position pour adresser une
lettre de protestation au ministére de la culture du
Cameroun pour marquer notre opposition à la censure.
La dite lettre de la Fédération sera reprise dans nos
différents journaux et publication. la liberté de
création est sacrée. C'est un droit inaliénable.
Baba Diop
S.G. provisoire de l'eassociation sénégalaise de la
critique


jean-marie mollo olinga a
écrit :

> Bonjour à tous!
> Je connais bien les fonctionnaires du ministère de
> la
> Culture (en fait un ministère qui n'a de ministère
> que
> le nom). Ils s'y ennuient à longueur d'année et
> veulent là se donner du "travail". Il y a meilleur
> manière de montrer qu'on a de l'importance. Qu'on
> compare le film de Bekolo à tous ces autres qui nous
> viennent d'ailleurs et qui nous sont imposés ici, et
> on verra, tel que je l'ai écrit dans ma critique,
> que
> c'est des situations dans lesquelles les Camerounais
> vont tous se reconnaître, parce que habitués à
> elles.
> Les fonctionnaires de la Culture veulent justifier,
> pour une fois, le fait d'émarger sur le budget de
> l'Etat. Toutes choses que Bekolo dénonce par
> ailleurs
> (implicitement) dans son film. Et nous journalistes,
> devons soutenir son action.
> D'autre part, je connais bien M. Tienchou. C'est un
> monsieur qui connaît bien son travail, qui est même
> très sérieux, mais qui se retrouve dans l'engrenage
> du
> désoeuvrement... des fonctionnaires de la Culture.
> Comme Thierno, bien entendu, je suis contre cette
> censure.
> Jean-Marie MOLLO OLINGA,
> Président de CINE-PRESS.
>


--- Jean-Pierre Bekolo a écrit :

> Merci infiniment pour tes compliments, ils me
> touchent parceque ce film a un point de vue
> camerounais et tu as le profile parfait pour avoir
> un regard qui me parle sur ce film. Merci d'avoir
> oeuvré pour que ce film passe à Dakar.
> Pour l'instant le film est menacé d'etre censuré
> ici au Cameroun, je te tiendrai au courant de
> l'évolution des choses, je t'ai fait suivre quelques
> mails à ce sujet.
> J'espère malgré tout que l'année sera bonne
> BONNE ANNEE 2006
>
> Guy Padja wrote:
> Bonjour,
>
> Enfin 2006, l’année de tous les espoirs. Je
> l'espère!
>
> En tout cas, mon vœu le plus cher est que cette
> nouvelle année 2006 t’apporte, à tire d’ailes, tout
> le
> succès et tout le bonheur que tu en attends.
>
> J’en profite pour te dire une fois de plus merci
> pour
> tout ce que j'ai appris en échangeant avec toi à
> Daka.
> Eh, oui, tu es étonné de me l'entendre dire !
>
> C'est pourtant vrai : tu m'as beaucoup apporté. Et
> je
> n'ai pas eu l'occasion de te le confesser.
>
> A propos de l'article sur LES SAIGNANTES, je l'ai
> déjà
> rédigé, mais après relecture, je le trouve un peu
> lacunaire. j'aurais bien voulu revoir le film pour
> mieux étoffer mon "papier".
> Mais puisque je ne peux pas avoir le DVD avant une
> certaine date, je te ferai lire l'article dans son
> état actuel et tu me diraS ce que tu en penses. Et
> alors je le mettrai dans mon blog et dans d'autres
> sites
>
> A bientôt
>
> Mérimé
> Voici, grand-frère La réaction de Thierno (Critque
Sénégalais, Prof de cinéma à l'universté de Bordeaux

bonjour Mérimé,

Pour ces infos. LES SAIGNANTES est un film déroutant
(une critique de Jean=Marie sera bientôt en ligne sur
AFRICINE.COM ; je finis de rédiger la mienne aussi) et
jouissif.

C'est une écriture fondamentale nouvelle (mise en
abyme, réflexivité, un peu d'érotisme, ...)
Je soutiens Jean=Pierre BEKOLO en butte aux ciseaux de
Dame Anastasie.

Thierno

>
je suis tout à fait d'accord avec toi. Il faut
absolument réagir. Ce combat nous concerne tous. Ce
n'est pas la peine de se limiter aux petites
jérémiades internes.

Mérimé



"sardi m.nasser" a écrit :
Date: Mon, 2 Jan 2006 15:31:11 +0100 (CET)
De: "sardi m.nasser"
Objet: activités de l'ATPCC
À: africine@yahoogroupe.fr
Bonjour à tous,
D'abord, et pour finir une fois pour toute avec les bons sentiments et les bisous, que notre année 2006 soit gorgée de films africains, et que nous aurons l'occasion de voir partout en Afrique ( on peut toujours rêver en ce début d'année!); qu'elle soit aussi pleine de bons articles des critiques africains et de débats porteurs et interéssants (là, c'est un souhait!).
Je dis ça parceque il y en à marre de toutes ces censures et de tous ces obstacles qui ne cessent d'être étalés sur le chemin des artistes africains! il y en marre aussi de toutes ces jérémiades des hommes des médias qui ne font que rouspéter avec des pantoufles dans les pieds! Que chacun prends ses responsabilités!
Je suis avec Jean pierre, ce qui arrive aux"Les Saignantes" ne doit pas être cautionné par un silence complice ou par une riposte au niveau du seul yahoo groupe!
Ceci dit, j'ai le plaisir de vous informer que l'ATPCC a fêté le nouvel an en fonfares - - le 27/12 /2005:elle a organisé la Soirée du court métrage avec la projection de sept courts tunisiens datants de 2002 à 2005, de deux autres un peu plus vieux mais qui n'ont pas eu un sortie adéquate, et un dernier en avant premiére mondiale; le tout en présence
de cinq réalisateurs , d'une salle comble, et de plusieurs stations de radio. C'était vraiment la grande fête.
- du 05 au 08/01/2006: nous organisons Les journées du cinéma noir africain avec la rojection de cinq longs métrages et 3 courts, accompaanée d' atelier d'écriture et d'un forum consacré au cinéma sub-saharien et à la lecture des articles de l'atelier.
Je vous promets plus d'information sur le site Africiné.
naceur Sardi

MONAS

c'est quoi cette merdouille de censure qui risque de nous pourrir cette
année nouvelle? ça risque de "saigner". veut-on reduire "les
saignantes" au "silence de la forêt"?
balufu

Mon cher Jean Pierre,
D'abord, meilleurs voeux pour cette année 2006, je te souhaite beaucoup de réussite et de succès dans toutes tes entreprises. Moins de stress, beaucoup de joie.
C'est quoi cette censure qui menace ton film?! Je ne savais pas que les Saignantes étaient sorties! S'il y a censure, cela veut dire que certains se reconnaissent dans ce film! N'ayant pas vu le film, je peux guère faire de commentaires, mais à lire les réactions des uns et des autres, cela veut dire que le film dérange, et si ça dérange, c'est bon. Ecoute, je vais faire suivre ce mail à pas mal de gens si tu le permets, tiens bon, courage.
Affectueusement,
Marie Rose.


(information publiée sur le site d'Africultures, source : informations communiquées par l'association Cinépresse des journalistes critiques de cinéma du Cameroun, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo et issues du quotidien de Yaoundé Mutations) Suite a la projection de Presse à Yaoundé du film "Les Saignantes" du cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo, à laquelle a assisté M. Tentchou Emmanuel, président de la commission de censure de cinéma au Cameroun, celui-ci a rédigé une note a l'attention du ministre de la Culture Ferdinand Oyono où
il caractérise le film de "contre le régime" et de "pornographique". Il a réuni le 30 décembre cette commission qui ne se réunit qu'exceptionnellement, laquelle a proposé de couper plusieurs scènes dans le film et de ne l'autoriser alors à sortir qu'assorti d'une interdiction au moins de 18 ans. Le cinéaste a indiqué de pas vouloir opérer de coupes et la décision est maintenant dans les mains du ministre. Dans son article dans Mutations du 3 janvier 2006 intitulé : Le Mincult veut censurer "Les Saignantes", Jules Romuald Nkonlak parle de "remise au goût du jour de pratiques qu'on croyait révolues". Voici la suite de son article : Joint au téléphone hier soir, M. Tentchou n'a pas souhaité donner un avis sur cette question. "Il n'y a pas de menace. C'est le ministre d'Etat chargé de la Culture qui est le président de cette commission et c'est lui le seul à rendre publiques ses décisions", a-t-il déclaré. La décision du ministre
d'Etat Ferdinand Léopold Oyono, qui, d'après les informations en notre possession devait regarder lui-même le film pour trancher, est encore attendue. La séance de visionnage de vendredi ne s'est pas faite en présence du ministre, et même le secrétaire général du ministère n'a regardé le film qu'à une autre occasion, après que Jean Pierre Bekolo le lui ait apporté, avant de le transmettre au ministre. En attendant la décision du ministre, la commission a déjà demandé qu'un certain nombre de coupes soient effectuées dans le film. Il s'agit notamment de scènes qui sont jugées pornographiques et de celles qui font allusion au Cameroun. Pornographie Même si l'action du film se déroule en 2025, il est clairement indiqué qu'elle se déroule à Yaoundé au Cameroun. Ce qui ne plait pas aux responsables du ministère de la Culture, qui veulent que l'action se déroule dans un lieu imaginaire et qui ont, en plus, exigé que la mention "Interdit au moins de 18 ans" soit
indiquée, après que les différentes coupes aient été effectuées. Pire encore, les membres de la commission de censure ont déclaré qu'ils auraient dû être présents pendant le tournage pour indiquer ce qu'il fallait montrer. Jean Pierre Bekolo, lui, pense que les coupes exigées n'ont pas de sens et précise qu'il ne les fera pas. "On n'ajuste pas une oeuvre pour s'accommoder d'un système. Le film n'attaque personne. Il n'est pas pornographique. Parce qu'on montre le corps noir ça devient pornographique ?", s'offusque le cinéaste, qui a pris un an à monter ce film auquel il a voulu donner un sens bien précis. "C'est une réponse à notre société. C'est un film qui essaie d'innover dans la forme. Nous n'avons pas inventé un genre propre à nous. Le cinéma n'existe pas vraiment chez nous. On le méprise un peu. Ce qui se passe actuellement, c'est plus une absence d'identité que de la censure", poursuit-il. Pour le cinéaste, il faut aborder un certain nombre
de questions et surtout se servir de son métier pour faire avancer les choses. "Si on censure ce film, ça veut dire qu'on veut que les choses restent telles qu'elles sont. Je ne veux pas m'adapter à cet environnement. Nous fonctionnons dans un monde qui n'est pas camerounais", pense Jean-Pierre Bekolo. On a également appris qu'au ministère de la Culture, on se serait indigné du fait que Jean Pierre Bekolo ait tourné un film pornographique avec "l'argent qu'on lui a donné". Or, le cinéaste tient à préciser que les 10 millions de Fcfa qu'il a perçus de l'Etat camerounais, même s'ils ne sont pas insignifiants, contribuaient à un budget de 300 millions de Fcfa. En plus, cet argent a payé des Camerounais qui ont travaillé sur ce film, financé en grande partie par le gouvernement français et la chaîne Tv5. On attend donc la décision du ministre Ferdinand Oyono et Jean Pierre Bekolo préfère rester confiant: "Je fais confiance en leur intelligence",
affirme-t-il.

Félicitations jean pierre (excuse moi pour cette intimité),
Tu as bien fais de tenir bon; un créateur ne doit jamais laisser
charcuter
son oeuvre par des bureaucrates, même au risque de ne pas sortir sa
création!
A tunis, nous serons trés heureux de voir ton film;peut être lors des
JCC
2006!

naceur sardi

ATPCC


quelques réactions du groupe Africiné des journalistes et critiques de
cinéma
Je me joins bien sûr à ces réactions positives !
amitiés
Olivier

Olivier Barlet
président d'Africultures
olbarlet @ africultures.com
www.africultures.com
Adresse : Les Pilles
F - 26110 Nyons
Tél : +33 (0)4 75 27 74 80
www.afriblog.com
www.afriphoto.com
www.africinfo.org
www.afrilivres.com
www.revues-plurielles.org
----- Original Message -----
From: "Mohamed BAKRIM"
To:
Sent: Monday, January 09, 2006 3:03 PM
Subject: Re: [Africine] A propos de Les Saignantes : DECISION


félicitations et bonne sortie pour ton film; espérons que ce vent de
tolérance continuera à souffler sur l'afrique; au Maroc il y a une
grande
polémique autour du nouveau film de Leila Marrakchi, Marock (voir
article et
interview réalisés par olivier barlet): le camp conservateur tente par
tous
les moyens de bloquer la sortie du film; le paradoxe aujourd'hui au
maroc
c'est que la censure risque de venir de la société et non plus des
instances
officielles
bon courage à tous
bakrim
association aflam des critiques et journalistes de cinéma (maroc)


bonjour à tous,
Le message de Mohammed a éveillé mon attention et je suis aller
chercher sur
internet des infos sur la polémique autour de Marock. Voici un article
du
Matin mais nos amis marocains ont peut-être d'autres infos à nous
fournir
pour alimenter nos articles sur les envies de censure !
Apparemment, la réalisatrice a été très attaquée à Tanger !

Personnellement, j'aime bien les Saignantes et ai par contre émis de
fortes
réserves sur Marock (mes articles sont en ligne sur le site
d'Africultures,
ainsi que les interviews des réalisateurs) mais en tout cas ces films
ne
méritent pas la censure !!
Cette question de la censure pourrait d'ailleurs faire l'objet d'un
intéressant débat !
amitiés
Olivier


Cher Jean-Pierre,

Je te presente aussi mes meilleurs voeux pour ce nouvel an. Qu'il t'apporte tout le bonheur et le succes que tu souhaites et merite. Je viens de prendre connaissance de ton e-mail car mon ordinateur m'avait lache en fin d'annee. Que se passe-t-il exactement? Ont-ils vraiment eu l'audace de censurer "Les Saignantes"? Je viens de lire sur Africulture qu'on reprochait au film d'etre "pornographique". Est-ce vrai? Si oui, de qui se moque-t-on? Ya-t-il pire pornographie que celle commise par nos elites offrant notre Afrique a un spectacle mediatique de prostitution (ils traitent l'Afrique comme une garce). Il me semble qu'ils sont tres peu qualifies pour poser un jugement moral sur "Les Saignantes" etant donne que comme tu le dis si bien ils ont fait de la mort un festin, du corps nubile de l'Afrique un bordel.

J'espere que la reunion annoncee de vendredi dernier a ramene les personnes concernees a de meilleurs sentiments et que le film est actuellement en train de raffler le box office camerounais. Tiens moi informe des dernieres nouvelles.

Je t'informe aussi que je me prepare pour mon voyage sur Paris le 31 Janvier pour ma rentree a Paris III (Sorbonne Nouvelle) le 6 fevrier. Je vais y passer un semestre a enseigner et a faire mes recherches pour ma these, comme tu le sais.

Alors , tiens bon le combat. Tu as mon soutien inconditionnel. Si tu as besoin d'un mot quelconque ou si tu veux qu'on mobilise les gens de ce cote aussi de l'Atlantique et du Pacifique, fais-moi signe. Il est important que ton film repousse aussi loin que possible la censure d'Etat.

Porte-toi bien et a tres bientot.

Aboubakar, Rada, Fatima et Amina

Bonjour à toutes et à tous,
J’hallucine ! Je chavire ! Je tombe raide mort !
Que des journalistes et des intellectuels essaient de
justifier la censure par des raisons morales,
religieuses ou culturelles !
Que ces mêmes détendeurs du « quatrième pouvoir » et
pionniers dans l’art d’ouvrir des nouveaux horizons,
se posent en objecteurs de consciences en donnant une
carte blanche à l’administration pour contrôler la
production intellectuelle et artistique !
Qu’ils se posent aussi en censeurs en liant la
parution d’une œuvre à son visionnage ou à sa lecture
!
Voilà, pour moi, le comble des malheurs de notre
continent !
Vous imaginez que selon votre vision, il n’aurait pas
eu un Rousseau, parce qu’il n’avait pas le droit de
mettre en doute la féodalité ; ni nul prophète, parce
qu’ils dénigraient les croyances existantes ; et j’en
passe sur Eseinstein, galillée ou Sartre qui auraient
pu heurter les sensibilités de leurs époques !
D’ailleurs, une sequence de nu qui peut vous choquer,
est facilement admise en Nouvelle Guinée ou au Japon,
alors un cinéaste doit-il faire une version pour
chaque sensibilité !
Bref, vous êtes pour l’ordre établi, pour ce qui ne va
pas à l’encontre de vos opinions et pour un droit de
regard sur tout ce qui se crée.
Seulement vous oubliez qu’un artiste est, par essence,
un agitateur de consciences, donc, il transgresse et
va au-delà de ce qui est établi ; alors qu’une
administration est, par définition, le plus grand
défenseur de cet ordre ;
« Par tous les saints ! » comment pouvez-vous
permettre à une monotonie de juger la sève même de la
création : les artistes et leurs œuvres !!!

Naceur Sardi




Concernant la censure, je dis toujours que c'est une
affaire très sérieuse pour la laisser aux mains des
poliiques qui sont dans des logiques clientélistes et
de séduction.

Au Sénégal où on aime bien les aberrations, pour faire
un film il faut la signature du MINISTRE de la Culture
et de celui de l'Intérieur. Puis pour la diffusion il
y a une commision dite de contrôle qui ne contrôle
rien, sauf quand KARMEN GEÏ étreint quelque femme.

Jean-Pierre BEKOLO le dit bien : c'est la nudité de la
femme africaine qui dérange bon nombre d'Africains ou
autres. En tant que sociologue, j'ai fait des enquêtes
de terrain autour des cinéphiles au Sénégal en juin
2004. Un spectateur m'a dit texto : cela ne nous
apparitient pas de dénuder nos femmes à l'écran.
C'était devant le cinéma AL AKBAR du quartier NIARY
TALLI (oui on pourait croire Zouhour que c'est "Deux
Italies" en wolof au lieu de quartier "Deux Voies").
Le cinéma AL KABAR est devenu un temple évangélique
(il paraît que c'est courant au Congo Brazza ce genre
de reconversion, c'est le cas de le dire).

Censure préventive tu dis Oumar. Arlette, comme
Zouhour, est adepte de Saint-Thomas : voir pour
croire. J'ai vu le film et discuté avec le réalisateur
(c'était la troisème projection du film et la première
africaine au Théâtre SORANO de Dakar). Il y a de la
nudité, mais ce n'est pas pornographique.

La définition de la pornographie c'est : "actes
sexuels non simulés devant la caméra". Je partage la
tempérance du réalisateur d'accepter l'interdiction au
moins de 12 ans. Je termine mon article sur LES
SAIGNANTES bientôt. Il y a celui de Mérimé (à venir)
et celui de Jean-Marie sur le site :
http://www.africine.com/?id_text=58&tb=critiques&rep=/critiques.



Je suis peut-être mécréant, mais même Salman RUSHDIE
il ne fallait pas le censurer (et pourtant je trouve
son texte abominable et blessant pour le musulman
sincère que je suis).



Je ne suis pas KARMENôlatre, mais j'étais pour ce film
et j'ai écrit au Ministre sénégalais de la Culture
pour dénoncer la lâcheté de son gouvernement. Je pense
que le spectateur est souverain et bien plus
intelligent qu'on le croit. Donc je n'adhère pas à la
censure (préventive ou pas). Mais l'on peut veiller à
l'âge d'accès à certains films.

Je ne vous raconte pas les cris étouffés à SORANO
devant la séquence d'ouverture de LES SAIGNANTES.
Entre les rires gênés, les appréciations salaces (en
wolof) sur le corps et la technique d'Adèle et les
indignations ("mooyèèèn" : "c'est quoi ça", en wolof).



Théoriquement Ramaka est dans l'illégalité en
diffusant chez le chef de parti du PIT, Amath
DANSOKHO, son nouveau film documentaire "ET SI LATIF
AVAIT RAISON ?". Iil faut une autorisation pour faire
entrer un film au Sénégal. Le fait que la projection
soit privée m'interroge. Mais les textes (le Code de
la Cinématographie au Sénégal) sont si flous et fous
(pleins d'aberration et de contradiction) qu'il y a
des intertisces où on peut se glisser. Cela fera
jurisprudence.

A bientôt

Thierno

Facilitateur AFRICINE.COM (Dakar)

Radio Campus Bordeaux.
<><><>
salut les gars!!!
et si on décidait de marier Zouhour et Nasser ???? Ce
serait formidable non!
Gaïndé c'était juste une blague.
Pour les saignantes, je crois que l'idéal ce serait
d'organiser des séances de visionnage et pourquoi pas
après organiser un "big" atelier sur la censure, et
tous les membres de l'Africiné vont y prendre part.
le débat est "posé"
A+




Je me demande si nous parlons la même langue ! comme
on le dit chez nous, tu as djo en brousse ! il n’est
pas question de donner carte blanche à
l’administration pour contrôler entièrement la
production artistique ! en toute chose il faut quand
même une juste mesure, et non un comportement ou
réaction extrémiste, surtout en matière d’art, surtout
quand on sait que son appréciation fait appel à la
subjectivité !. Ce n’est pas parce que tu es
journaliste et que tu vas permettre une apparition
incontrôlée de toutes créations artistiques sur le
marché, des productions accessibles à tout public ! Je
suis pour une autorisation de films après EXAMEN et
\ou l’interdire à un public bien précis, en obligeant
le réalisateur à y ajouter certaines mentions ou
AVERTISSEMENTS comme ce fut le cas pour Les
Saignantes ! J’espère qu’on se comprend maintenant !
Le problème souvent en Afrique avec ces gens sensés
examiner les films, est qu’ils abusent de leur
pouvoir, et se donnent le droit d’interdire leur
sortie pour des raisons personnelles (souvent parce
qu’on s’attaque à leur pouvoir)! Cela n’est pas
acceptable du moment ou tourner un film nécessite un
grand travail,du temps et une somme importante
d’argent ! Pour le cas du Cameroun, les journalistes
se sont mobilisé et ont remporté une VICTOIRE .
Pourquoi ? parce que ceux qui l’ont visionné ont
trouvé que c’était une belle œuvre qui ne méritait pas
cette censure ! super donc ! mais quelle position
voulez vous qu’adoptent les journalistes du mailgroup
qui ne l’ont pas vu ? dites moi ! a part celle de
spectateur, je ne vois pas !

Je profite remercier Thierno pour son témoignage à
propos de « les saignantes! »

Au fait de nos jours, quel mal y a-t-il à montrer le
corps d’une femme ou d’un homme ? Au soudan, ou
j’étais, les gars se promènent à poil, les femmes
torse-nu et portant juste une jupette ! Aucun
autochtone ne se plaint, meme les autres qui y vont se
regalent des yeux ! Nous qui étions habillé, nous
étions objet de curiosité pour eux ! Meme dans
certains villages africains, reculés de la ville,
certains habitants vivent bien presque nu .Autre
exemple, actuellement, on encourage le port des
préservatifs pour lutter contre le sida et qu’utilise
t-on pour montrer comment les porter ? un pénis en
bois ! et pour le port des préservatifs féminin? et
qui se plaint ? Personne ! Alors si le réalisateur
fait appel au corps de la femme pour l’histoire de son
œuvre, pourquoi être choqué quand ce dernier à un but
bien précis? Je n’y trouve rien de choquant, non plus
!

Je suis bien curieuse de savoir si Sardi a vu « les
saignantes » ? en ce qui me concerne,je ne porte pas
de jugement sur une œuvre tant que je n’en ai pas
connaissance ou que je ne l’ai pas vu , je préfère
laisser la PRIORITE à ceux qui sont plus outillés !


--- "sardi m.nasser" a écrit

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