Sunday, June 19, 2005

Deutschlandpremiere: Aristotle’s Plot von Jean-Pierre Bekolo

Am Sonntag, den 26. Juni 2005 lädt AfricAvenir in Kooperation mit der INISA und dem South African Club um 17.15 Uhr zur Deutschlandpremiere von ‘Aristotle’s Plot’ ins Filmtheater Hackesche Höfe ein. Im Anschluss findet eine Diskussion mit dem Regisseur Jean-Pierre Bekolo statt.

Aristotle’s Plot (Zimbabwe/Kamerun, Engl. OF m. frz. U)

Aristotle’s Plot ist einer der ungewöhnlichsten afrikanischen Filme der letzten Jahrzehnte. Postmodern, städtisch, ironisch, hybrid – Aristotle’s Plot ist eine bitterböse Satire über Hollywoods Macht im heutigen Afrika und über Authentizität im afrikanischen Film. Neben so namhaften Regisseuren wie Martin Scorsese, Jean-Luc Godard, Stephen Frears und Bernardo Bertolucci wurde der Kameruner Jean-Pierre Bekolo vom British Film Institute auserwählt, anlässlich der Feierlichkeiten zu 100 Jahren Filmgeschichte einen Film über die Kinogeschichte zu drehen. Heraus gekommen ist eine fiktive und sarkastische Allegorie über die Bedeutung von Film im heutigen Afrika, in der sich die Vertreter der Authentizität und die Hollywood-Konsumenten in einem absurden Western-ähnlichen Szenario gegenüber stehen.

1997 Winner Prized Pieces Film Awards, Pittsburgh USA, The National Black Programming Consortium

Jean-Pierre Bekolo lehrt an der Duke University, Program in Film/Video/Digital. Sein erster Spielfilm ‚Quartier Mozart’ wurde u.a. 1992 in Cannes mit dem ‚Prix Afrique en Création’ ausgezeichnet. Im Augenblick dreht er seinen nächsten Spielfilm ‚Les Saignantes’ und schreibt an einem Buch über Filmtheorie.

* Am: Sonntag, den 26. Juni 2005, 17.15 Uhr
* Ort: Filmtheater Hackesche Höfe (Rosenthaler Str. 40/41, 10178 Berlin, Kino 3)
* Vorbestellung unter: 030 - 2 83 46 03 (MO-SA ab 14.30 Uhr/SO ab 10.30 Uhr)
* Eintrittspreis: 5 Euro

ARISTOTLE’S PLOT (1996, Zimbabwe/Cameroon, 71 min.), directed by Jean-Pierre Bekolo; screenplay by Bekolo; cinematography by Regis Blondeau; music by Jean-Claude Petit; with Albee Lesotho (Essomba Tourneur, the Cinéaste), Ken Gampu (Policeman), Siputla Sebogodi (Cinema), Anthony Levendale (Bruce Lee), Dylan Wilson-Max (Cobra), Rudo Hamudikwnda (Nikita), Brian Masamba (Saddam), Marco Machona (Schwarzenegger), Stanford Bennett (Van Damme), Michael Heard (African American), Walter Muparitsa (Police Chief), Somon Shuma (Barman). In English.

Why are African filmmakers always asked political questions? Where is the Black Man today? Are they all to be Nelson Mandela? Can Nelson Mandela make a film? Why are African filmmakers always “young”, “upcoming,” “promising,” “emerging,” “developing,” until they are eighty years old and then suddenly they become “the ancestor,” “the father,” “the wise role model”?

The film reflects the young director’s refusal to be pigeon-holed as a maker of “traditional” films set in a rural setting. This is what the West looks for in films from Africa, and, while he admires such films, they do not speak for his reality. He wants to make movies that reflect the hybrid reality of contemporary young urban Africans, for whom the struggle to find an identity IS their reality. He is not interested in telling dramatic stories à la Aristotle; rather, he wants to make films that are self-reflexive subversions of the Aristotelian conventions of linear narrative, mimetic realism, conflict rising to a climax, and catharsis (the purging of inner emotions by means of identifying with fictional characters and eliciting feelings of fear and pity). He wants to make films in which the spectator is always kept thinking, aware that s/he is watching a fiction, and wondering what it all means. He is much closer to the European avant-garde tradition of a Godard than to a Sembène, though like Sembène he is constantly thinking about his identity as an African. If he has an African model, it would be the late Djibril Diop Mambéty (director of Touki Bouki and Hyenas), to whom this film is partly dedicated.

The film partly operates on the level of “story,” but only minimally. Much of the experience comes from the sound-track–from the lyrics to songs and, more importantly, Bekolo’s voice-over narration. As we try to put all the pieces together, the plot turns back on itself, scenes are repeated, characters prance around like the pawns and symbols that they are.
AfricAvenir, International — Eric @ June 19, 2005 |

Tuesday, June 14, 2005

Jean-Pierre Bekolo lance sa télé

Cameroon Tribune (Yaoundé)
14 Juin 2005
Publié sur le web le 14 Juin 2005

Alliance Nyobia

" Evénement 4 " ouvre officiellement l'antenne le mois prochain.

Un spot passe en boucle, annonçant certaines émissions que la chaîne de télévision proposera au public. Elle a pour promoteur le réalisateur Jean-Pierre Bekolo, qui fera donc désormais la " navette " entre le petit et le grand écran. Selon Olive Ngama, responsable marketing, Evénement 4 ne peut être captée pour l'instant que dans Mvog-Mbi, quartier où est basée l'antenne émettrice. Mais le mois prochain, toute la ville de Yaoundé devrait être couverte, promet-elle, avant d'ajouter que dans trois mois maximum, les programmes de la chaîne seront reçus sur le reste du territoire. Un programme plutôt ambitieux, pour une télé qui compte essentiellement " valoriser le monde rural ".

Selon l'une des responsables de la boîte, il est en effet question de " rehausser le monde rural dans tous les domaines ". Une approche thématique qui sera sous-tendue par des programmes qu'on annonce variés. Il sera question de voir comment nos ruraux vivent, mangent, s'habillent, etc. Mais d'après la même responsable, " on n'oublie pas les gens de la ville ", destinataires non négligeables des programmes. " Les gens de la ville " ne perdent rien à attendre Le lancement de la chaîne - qui entend émettre 24 heures par jour, avec certes des rediffusions - s'accompagnera de la promotion du film " Les Saignantes ", le dernier de Jean-Pierre Bekolo, que le public a attendu en vain aux derniers Ecrans noirs. Cette fois, l'oeuvre du réalisateur est annoncée pour le mois prochain au Cameroun. En gros, la nouvelle télé et le nouveau film devraient se soutenir l'un l'autre, pour ce qui est de la promo.

Monday, June 13, 2005

Bons et mauvais points des Ecrans noirs

Cameroon Tribune (Yaoundé)

ÉDITORIAL
13 Juin 2005
Publié sur le web le 13 Juin 2005

Alliance NYOBIA

Le festival a clôturé ce week-end sa 9e édition, après une dizaine de jours de manifestations.

Tout n'a pas été rose pendant les Ecrans noirs. Difficile, quand il faut organiser une manifestation de cette ampleur, d'éviter quelques couacs ou loupés, malgré l'expérience que peut conférer une longue pratique - c'était la neuvième édition. Du côté des promoteurs, on a ressorti la formule indémodable pour expliquer quelques manquements observés. C'est donc " pour des raisons indépendantes de [leur] volonté " que des projections annoncées tel jour étaient plutôt diffusées plus tard, que des cinéphiles en salle ont vu débuter un film alors qu'ils en attendaient un autre, ou que des pellicules très attendues vont l'être encore quelque temps par le public camerounais. C'est le cas par exemple du film " Les saignantes " de Jean-Pierre Bekolo, autour duquel Bassek ba Kobhio reconnaît d'ailleurs qu'il y a eu une communication particulière.

C'est sans doute pour les mêmes " raisons indépendantes " que des spécificités annoncées, comme les soirées ouest-africaines, n'ont finalement pas figuré au programme. Même chose pour les concerts et spectacles de la dimension de ceux qui furent servis au public l'année dernière. L'organisation elle-même ne sera pas allée sans heurts. Un cinéaste local, qui suit l'événement depuis plusieurs années, fait un constat : " Neuf ans après, la décentralisation n'est pas encore effective ( ) en dehors du président et de la directrice, très peu de gens pouvaient vous informer ". On aura également noté que de simples questions d'ordre pratique, les badges par exemple, ont suscité des froncements de sourcils. Pression ou impréparation?

Quelques-uns qui se sont bien préparés en tout cas, ce sont les annonceurs. Omniprésents sur les lieux des festivités, où leurs banderoles et autres supports étaient plus visibles que celles de l'événement lui-même. Au cours du festival, beaucoup de bières auront été bues - la végétation voisine du chapiteau dressé derrière le Ccf en gardera un souvenir malodorant. Ça fait plus aimer le cinéma ? Pas sûr.


Heureusement, le festival Ecrans noirs a préservé l'essentiel, en restant ce moment spécial d'échange et de partage autour du 7e art. L'extension du festival à plusieurs autres sites (universités de Yaoundé I et II, par exemple) a contribué à renforcer cette communion de cinéphiles. Le show a continué et il s'en est trouvé, dans le public, pour se féliciter de la variété des invités de cette année - venus pour certains de la lointaine Amérique du Sud - et de la diversité des genres proposés (allant des oeuvres de fiction aux documentaires, en passant par les courts métrages, etc.). L'hommage à Gaston Kaboré, Ecran d'honneur du festival, aura apporté son supplément charge émotionnelle à la manifestation.

L'événement aura été également l'occasion d'ateliers fructueux - il n'était donc pas seulement question de simplement se divertir. Un des participants à l'atelier de critique cinématographique estime ainsi en avoir tiré un profit certain : " On a beaucoup pratiqué ". Sans oublier que quelques cinéastes locaux, jeunes surtout, ont pu saisir l'opportunité des Ecrans noirs pour présenter leur savoir-faire à tous. Notamment aux décideurs ou financiers du cinéma qui étaient de la partie.

Sunday, June 12, 2005

Elisabeth Biloa : saignée par l'attente

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
10 Juin 2005
Publié sur le web le 12 Juin 2005


Jean-Bruno Tagne

Assistante réalisatrice dans Les saignantes, elle attend toujours de voir ce film.

S'il y a une personne qui est particulièrement déçue de l'absence de Les saignantes, un film de Jean-Pière Bekolo, c'est bien Elisabeth Biloa. Elle qui a été sur le plateau du tournage de ce film. Elle était toute excitée mercredi dernier à l'idée de regarder un long métrage pour lequel elle a eu un petit rôle en tant que l'une des assistantes réalisatrices. Un baptême de feu pour Elisabeth, mais qui devra encore attendre. En attendant justement, elle parle avec émotion de son travail et de l'ambiance qui régnait lors du tournage.

En tant qu'une des assistantes réalisatrices, le rôle de cette jeune fille était de s'occuper des acteurs, leur rappeler qu'ils doivent bientôt faire une scène afin qu'ils se préparent en conséquence. Pendant un peu plus de deux mois de tournage à Yaoundé et à Ngoya dans les environs, elle affirme que l'ambiance a été bonne et très chaleureuse avec Jean-Pierre et les autres acteurs. Elle reconnaît cependant qu'il y avait des fois quelques petites querelles. "De temps en temps il y avait des petites tensions entre les femmes. Comme vous le savez, les femmes sont ainsi faites, c'est un peu leur nature. Mais ces petits problèmes n'ont pas entamés la bonne ambiance de tout le groupe", affirme-t-elle. Avec les acteurs qui étaient les stars de ce film (Essindi Mindja, Jimmy Biyong...) "le courant passait à merveille", de son avis.

S'agissant du film en lui même, elle pense que Les saignantes constitue une révolution pour le cinéma africain. "Le film de Jean-Pierre Bekolo, à mon avis, est une révolution en ce sens que le réalisateur a fait énormément d'effets spéciaux... On peut catégoriser ce film dans le registre des films d'horreur, ce qui est quand-même extraordinaire en Afrique".


L'absence de Jean-Pierre Bekolo aux Ecrans noirs 2005 la méduse et elle se refuse de faire un commentaire. Mais on peut lire sur le visage de la jeune fille toute sa déception, elle qui espérait se voir pour avoir été aussi figurante dans ladite production.

Avec cette première expérience, Elisabeth a pris goût et voudrait désormais s'aventurer plus sérieusement dans le cinéma. Elle a donc laissé son travail d'assistante dans un cabinet dentaire pour se consacrer désormais au 7e art. Mais entre le coté technique et artistique, son coeur balance. "Honnêtement, je n'arrive pas à me décider. Je me vois très bien entrain de jouer un rôle dans un long métrage, mais la réalisation me tente aussi". Pour ce faire, elle ne reste pas les bras croisés. Elle profite des Ecrans noirs pour faire des rencontres importantes, question de s'ouvrir "à ce monde". Agée d'une vingtaine d'années, elle ambitionne d'abord de commencer par la télévision où son physique de mannequin et son sourire enchanteur lui seront des atouts indéniables.

Thursday, June 09, 2005

Séquences : destins tragiques de femmes

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
8 Juin 2005
Publié sur le web le 9 Juin 2005

Josiane R. Matia

Jean-Pierre Bekolo peint une société où la femme n'est plus qu'un objet sexuel.

Elles sont trois jeunes femmes, d'origine et de condition diverses. Rien à priori qui les rapproche, si ce n'est qu'elles doivent toutes, à leur manière, se battre pour survivre dans ce monde. Un monde où la femme est réduite à l'état d'objet de plaisir. Un monde où la femme sait qu'elle doit payer de sa personne pour survivre, que son salut passe par les poches bien pleines d' hommes qui ne demandent que quelques instants de plaisir. Les saignantes raconte l'histoire de ces femmes en quête d'ascension sociale et qui doivent faire face dans leur quotidien à des obstacles.

Le film se veut, pour son auteur, une "critique sociale et politique virulente, et une production en prise directe avec les aspirations et problèmes individuels ou collectifs d'une société". Une critique, car Jean-Pierre Bekolo ne reconnaît plus son pays, comme il l'a expliqué dans une interview parue dans le journal Le Messager. "Cette histoire m'a été inspirée après un voyage où je suis resté 6 mois d'affilée dans mon pays. Et pour la première fois, j'ai eu peur de mon pays d'origine. Je me suis demandé si réellement ce pays était encore ce Cameroun mien ! Cette peur, j'ai voulu la communiquer par ego aux autres", a-t-il déclaré.

Wednesday, June 08, 2005

le supplément cinéma des Ecrans noirs : le réveil camerounais

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
6 Juin 2005
Publié sur le web le 8 Juin 2005

Elvis Mbimba

Une demi douzaine de films nationaux à voir cette année.

L'édition 2005 des Ecrans Noirs va battre tous les records en ce qui concerne la présence des films camerounais dans la programmation des Ecrans Noirs. Les cinéphiles vont découvrir pas moins de quatre productions qui portent la marque des Camerounais. Le plus attendu est certainement celui de Jean Pierre Bekolo, qui a décidé de faire la grande première mondiale de son nouveau film les saignantes dans son pays. Le réalisateur de Quartier Mozart a du s'investir suffisamment pour terminer la post-production de ce film. Les Saignantes, film qui a été tourné à Yaoundé, accorde une importante place aux effets techniques. Le film met à l'écran des noms bien connus de la scène artistique locale. On évoque les cas de Essindi Mindja et Jimmy Biyong entre autres. Pour sa part Joséphine Ndagnou y fait une première apparition au cinéma, après une expérience sur le petit écran à travers l'Etoile de Noudi ou encore Japhet et Ginette. Le Malentendu Colonial, figure également en bonne place dans cette sélection. Un film dans lequel Jean Marie Teno revient sur le rôle joué par les religieux dans l'entreprise coloniale en évoquant les séquelles de leur contribution. Ecrans Noirs ramène à Yaoundé Oswald Lewat Hallade.

L'ancienne journaliste de Cameroon Tribune va présenter aux cinéphiles Un amour pendant la guerre, un documentaire de soixante minutes tourné en Rdc. Le film de Bitjoka Bondol Mbock, Afrique Noire à l'image, est aussi présent aux Ecrans Noirs. C'est également un documentaire sur le demi siècle du cinéma africain. Dans la catégorie des courts métrages, on devrait retrouver Dossier Sanitaire de Parfait Zambo, Le meilleur et le pire, produit par Terre Africaine, entre autres. Pour ce qui peut être considéré comme l'événement de cette neuvième édition, la première de Les Saignantes, c'est bien Jean Pierre Bekolo qui aurait approché Bassek ba Khobbio au récent festival de Cannes pour lui faire la proposition. Une idée très bien accueillie par le promoteur des Ecrans Noirs qui, loin de toute évidence, avoue "qu'il était temps que nous arrêtions ces querelles stériles qui ne peuvent rien nous apporter". Bassek ba Khobbio ajoute "qu'il est important de se mettre ensemble pour réclamer une plus grande implication des pouvoirs publics et permettre ainsi au cinéma camerounais d'évoluer dans la bonne direction".

Malentendus

Il faut dire que la liste des films camerounais aurait pu être plus longue si les négociations avec Jude N'tchimenkou et Alphonse Beni avaient été fructueuses. Le premier, qui était au Cameroun il y a quelques jours, réclamait un billet d'avion pour participer au festival. Une attente que les que les organisateurs n'ont pas cru devoir satisfaire. Il faut d'ailleurs préciser que le film de Jean Pierre Bekolo sera projeté aux Ecrans Noirs dans des conditions particulières. L'entrée sera payante pour les programmations du film. Ce sera également le cas avec Hôtel Rwanda. Une expérience bien réussie il y a quelques années lors de la sortie nationale de Mobutu Roi du Zaire à la faveur d'une édition des Ecrans noirs. Il s'agit là d'une mesure qui vise à favoriser l'amortissement du film dans les salles commerciales. L'association Ecrans Noirs va d'ailleurs s'occuper de la distribution et de la diffusion des Saignantes après le festival. Ce qu'on peut présenter comme une affluence particulière des films camerounais aux Ecrans Noirs trouve son explication dans la relative relance de la production cinématographique nationale.

Les camerounais ont, ces dernières années, battu les records de réalisation, toutes catégories confondues. Le boom technologique y est pour quelque chose. On peut aussi parler d'une amélioration de la qualité des relations entre le promoteur des Ecrans Noirs et les autres cinéastes Le cas Jean Pierre Bekolo est sur ce plan la meilleure illustration. Il convient de préciser que c'est bien après la septième édition qu'un film camerounais sur format 35 mm a été programmé aux Ecrans Noirs. C'était le mariage d'Alex un film de Jean Marie Teno.

On se souvient du refus de la réalisatrice de Fanta en 2001 d'envoyer la copie de son film aux Ecrans Noirs parce que ses exigences financières n'avaient pas été satisfaites. On sait qu'une bonne partie de la génération des pionniers boudent toujours le festival et ne sont jamais visibles dans les sites qui l'abritent. Mais l'image d'un fils du pays esseulé dans son initiative a disparu. Les nationaux s'impliquent suffisamment dans l'événement. Les pouvoirs publics ont d'ailleurs suivi le mouvement. Le ministère de la culture a accordé la veille de l'ouverture du festival une subvention de dix millions à l'organisateur. D'autres administrations publiques ont apporté un appui à l'événement. C'est le cas du ministère du tourisme et du Fonds national de l'emploi. L'ouverture d'un espace consacré aux courts métrages et aux productions sur support numérique va certainement favoriser une augmentation progressive d'abord quantitative puis qualitative de la présence camerounaise dans la sélection du festival.

C'est tout de même un motif de fierté pour cette manifestation qui avait pour objectif au départ de promouvoir le film africain de manière susciter des vocations sur place. A la veille du dixième anniversaire du festival, on ne peut que se féliciter de ce réveil des Camerounais.

Tuesday, June 07, 2005

Expérience : A l'école de l'improvisation


Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
6 Juin 2005
Publié sur le web le 7 Juin 2005


Jean Baptiste Ketchateng


Impro Vision, prépare le match de l'inopiné entre comédiens et humoristes.

Quelle est la situation la plus à même de faire perdre son sang froid à un professeur ordinaire? Est-ce quand il se fait surprendre en flagrant délit, par la maman d'une de ses élèves, à qui il comptait fleurette sous couvert de révisions de leçons de mathématiques? Ou alors lorsqu'il se rend compte qu'il travaille depuis quatre mois sans toucher le moindre sou de son prospère et opulent directeur-fondateur?

Sur la scène de l'espace culturel le Petit tam-tam, mercredi dernier, deux équipes de comédiens et d'humoristes s'affrontaient pour préparer cette expérience inédite dans les arts de la scène au Cameroun. Trente secondes après que l'arbitre, le comédien Massa Batré, ait tiré au sort le sujet sur lequel quatre acteurs allaient faire montre de leur génie de l'improvisation, l'équipe qui comprenait Annie Tchawack, une comédienne, et Kaiser, l'humoriste, est montée sur les planches du Petit tam-tam.

Sur le sujet du professeur qui perd ses gonds, ils ont essayé de camper un nid d'embrouilles où l'enseignant réclame ses arriérés de salaire, tandis que des élèves eux, revendiquent des cours réguliers pour affronter sereinement les examens scolaires. Ceci, loin du directeur du collège, un sac de suffisance, qui ne comprend pas qu'un professeur n'ait pas assez de patience pour attendre son salaire, quatre mois durant.

La petite prestation, comportait des imperfections, notamment dans le discours des artistes, entrecoupé d'hésitations, aussi fréquentes que les temps d'arrêt, presque imperceptibles, dans la poursuite du scénario. Alex David Longang, homme de théâtre et entraîneur de l'équipe prévenait déjà lors des premières discussions: «Si l'improvisation est à la base de l'art théâtral, il s'agira ici de mettre en exergue les valeurs de chaque acteur, pour que tout évolue en harmonie. Il ne faut pas y aller comme un jeu de hasard».

Mais, Justine Couraud, jeune étudiante française en communication, initiatrice de cette expérience, semble plutôt satisfaite. «Le but ultime d'Impro Vision, explique-t-elle, est de rendre le théâtre et l'humour plus accessibles et d'apporter de l'animation et du divertissement dans les quartiers.» Le concept qui a été créé au Canada, va comporter cependant au Cameroun, une dimension médiatique qui devrait la rendre plus populaire.

A la fin du match, qui aura lieu le 11 juin prochain au Petit tam-tam, les jeunes promoteurs d'Impro Vision qui font leurs premières armes auprès du cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo, comptent diffuser les meilleures des prestations scènes sur une nouvelle chaîne de télévision, Evénement 4 Tv. Une perspective qui pourrait motiver les artistes qui ont accepté de prendre part, avec la promesse d'une rémunération le cas échéant. Le gain le plus immédiat étant peut-être de mieux se faire connaître et d'apprendre.

Avant d'y arriver, les comédiens et humoristes embarqués dans cette aventure artistique n'auront de cesse de trouver les moyens d'accorder leurs violons. Autant pour des détails pratiques tels que l'engagement des acteurs dans ce projet qui a décollé avec quelques pesanteurs, en raison de l'absence de certains d'entre eux au lancement des premiers entraînements. Justine Couraud n'en attend pas moins une belle expérience. Il faudrait donc espérer que le metteur en scène et comédien Jacobin Yarro, pressenti pour entraîner la seconde équipe, soit plus disponible, avant la finale.